Les formules « beau comme... » avant les Chants de Maldoror 

Découvreur de la tour Eiffel.  

Cet article est dédié aux lecteurs de Balzac qui n'ont pas cru nécessaire de l'écrire,
à ceux qui l'ont déjà écrit, avec droit de priorité rétroactif, dans une autre langue
ou dans une petite revue confidentielle, demain, identiquement ou à peu près,
à ceux qui avaient prévu de l'écrire seulement hier,
à ceux qui le réécriront sans le savoir ou nonobstant.

Quatorze précédents aux « beau comme... »
d'Isidore Ducasse dans les œuvres d'Honoré de Balzac

   La lecture des trois épisodes de L'Histoire des Treize (1834) d'Honoré de Balzac nous a fait découvrir deux expressions « beau comme... » dans le style d'Isidore Ducasse. Cela nous a intrigué, et pour en avoir le cœur net, nous avons procédé à une recherche systématique dans les éditions électroniques des œuvres de Balzac. À la vue du résultat, on ne peut pas dire que Balzac ait beaucoup exploité cette figure. Sur un corpus de cinquante-cinq textes, on a détecté en tout quatorze exemples de « beau comme... » répartis dans dix ouvrages :

 

[1] « Balthazar se passionna pour la science que cultivait Lavoisier et devint son plus ardent disciple ; mais il était jeune, beau comme le fut Helvétius, et les femmes de Paris lui apprirent bientôt à distiller exclusivement l'esprit et l'amour. »
(Balzac, La recherche de l'absolu, 1834.)

[2] « En face de tout Paris, renoncer, pour son amant, au monde, à son rang, à sa fortune, à la considération, est un coup d'état féminin beau comme le coup de couteau de ce perruquier qui a tant ému Canning à la cour d'assises. »
(Balzac, L'Histoire des Treize, II — La duchesse de Langeais, 1834, Chap. III.)

[3] « Or, par une de ces belles matinées de printemps, où les feuilles ne sont pas vertes encore, quoique dépliées ; où le soleil commence à faire flamber les toits et où le ciel est bleu ; où la population parisienne sort de ses alvéoles, vient bourdonner sur les boulevards, coule comme un serpent à mille couleurs, par la rue de la Paix vers les Tuileries, en saluant les pompes de l'hyménée que recommence la campagne ; dans une de ces joyeuses journées donc, un jeune homme, beau comme était le jour de ce jour-là, mis avec goût, aisé dans ses manières (disons le secret) un enfant de l'amour, le fils naturel de lord Dudley et de la célèbre marquise de Vordac, se promenait dans la grande allée des Tuileries. » (Balzac, L'Histoire des Treize, III — La fille aux yeux d'or, 1834-35, Chap. Ier.)

[4] « Wilfrid était beau comme Hamlet résistant à l'ombre de son père, et avec laquelle il converse en la voyant se dresser pour lui seul au milieu des vivants. » (Balzac, Séraphîta, 1835, Chap. II.)

[5] « Lucifer, le prince des serpents, est venu dans son appareil de souverain, l'Homme était en lui beau comme un ange, et il a dit : « L'Humanité te servira ! » » (Balzac, Séraphîta, 1835, Chap. III.)

[6] « Cette scène de douleur, cette nuit profonde, ces cris de désespoir, ce tableau musical, est beau comme le Déluge de votre grand Poussin. » (Balzac, Massimilla Doni, 1839.)

[7] « Rappelez-vous donc la Nuit que Michel-Ange a clouée sous le Penseur, affublez-la du vêtement moderne, tordez ces beaux cheveux si longs autour de cette magnifique tête un peu brune de ton, mettez une paillette de feu dans ces yeux rêveurs, entortillez cette puissante poitrine dans une écharpe, voyez la longue robe blanche brodée de fleurs, supposez que la statue redressée s'est assise et s'est croisé les bras, semblables à ceux de mademoiselle Georges, et vous aurez sous les yeux la consulesse avec un enfant de six ans, beau comme le désir d'une mère, et une petite fille de quatre ans sur les genoux, belle comme un type d'enfant laborieusement cherché par David le sculpteur pour l'ornement d'une tombe. » (Balzac, Honorine, 1843.)

 

   Les sept derniers sont plus banals, lorsqu’ils ne répètent pas un cas précédent :

 

« Mais, s'il est beau comme un ange, n'est-il pas trop faible pour résister à de si rudes combats ! » (Balzac, Les proscrits, 1831.)

« N'es-tu pas pur comme un diamant, beau comme une fleur ? » (Balzac, Les proscrits, 1831.)

« De cette reine adorée par tant de courtisans, et dont les légèretés pouvaient défrayer plusieurs romans, il restait une femme encore délicieusement belle, âgée de trente-six ans, mais autorisée à ne s'en donner que trente, quoiqu'elle fût mère du duc Georges de Maufrigneuse, jeune homme de dix-neuf ans, beau comme Antinoüs, pauvre comme Job, qui devait avoir les plus grands succès, et que sa mère voulait avant tout marier richement. » (Balzac, Les secrets de la princesse de Cadignan, 1839.)

« Néanmoins Calyste était beau comme un dieu grec, mais beau sans fatuité : d'abord il était habitué à voir sa mère, puis il se souciait fort peu d'une beauté qu'il savait inutile. » (Balzac, Béatrix, 1844.)

« — Il est beau comme un ange, dit la marquise à Félicité. » (Balzac, Béatrix, 1844.)

« Quant à lui, ma chère, il est beau comme un rêve ; et s'il peut racheter la terre de Rubempré, le Roi lui rendra, par égard pour nous, le titre de marquis... » (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847.)

« Vous savez que l'on doit exécuter, continua le Procureur-général, un jeune homme de vingt-sept ans, beau comme notre mort d'hier, blond comme lui, dont nous avons obtenu la tête contre notre attente ; car il n'y avait à sa charge que les preuves du recel. »
(Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847.)

 

   Comme on le voit, cet inventaire fait également apparaître, dans l'extrait d'Honorine, un cas supplémentaire de « belle comme... » qui produit visiblement le même effet. On ne trouve qu'un seul exemple de « belle comme... » chez Ducasse à la strophe I-13 : « Tu dois être puissant ; car, tu as une figure plus qu'humaine, triste comme l'univers, belle comme le suicide. » On en connaît un autre exemple dans Le Corsaire (1814) de lord Byron : « ...c'est pour lui un ange protecteur, belle comme une vision céleste à la dévotion d'un ermite....to him a guardian saint, And beauteous still as hermit's hope can paint » (Chant troisième, §VIII). En reprenant notre recherche, on a détecté vingt et un autres exemples de « belle comme... » chez Balzac. Ils sont retranscrits à la fin de cet article. Huit cas appliquent au féminin les notions de type, d'ange, de saint, de dieu. Ils dosent ainsi plus ou moins d'élément divin invariable dans l'image. Comme l'exemple indiqué plus haut, ces cas ne diffèrent donc pas vraiment des « beau comme... » sinon par l'accord au genre du sujet. Les autres exemples de « belle comme... » appartiennent au compliment, veulent exprimer l'absolu, ou bien jouent sur des formulations spéculaires. Nous préférons en revanche les exclure. À noter que les traductions anciennes du Cantique des cantiques de Salomon, qui rassemble des scènes d'amour, présentent quelques cas de « belle comme... » Il y a peut-être eu une influence spéciale de ce livre de l'Ancien Testament.

   Indiscutablement, on peut constater que sept des quatorze « beau comme... » de Balzac ressortent des mêmes recettes que ceux de Ducasse. Ils relèvent à notre avis de considérations philosophiques sur le beau qu'il faut tout d'abord tenter de définir pour étudier ensuite les exemples. C'est Charles Baudelaire qui a sans doute le mieux caractérisé le beau :

   « C'est ici une belle occasion, en vérité, pour établir une théorie rationnelle et historique du beau, en opposition avec la théorie du beau unique et absolu ; pour montrer que le beau est toujours, inévitablement, d'une composition double, bien que l'impression qu'il produit soit une ; car la difficulté de discerner les éléments variables du beau dans l'unité de l'impression n'infirme en rien la nécessité de la variété dans sa composition. Le beau est fait d'un élément éternel, invariable, dont la quantité est excessivement difficile à déterminer, et d'un élément relatif, circonstanciel, qui sera, si l'on veut, tour à tour ou tout ensemble, l'époque, la mode, la morale, la passion. Sans ce second élément, qui est comme l'enveloppe amusante, titillante, apéritive, du divin gâteau, le premier élément serait indigestible, inappréciable, non adapté et non approprié à la nature humaine. Je défie qu'on découvre un échantillon quelconque de beauté qui ne contienne pas ces deux éléments. »
(Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques, 1868, Chap. XV Le peintre de la vie moderne, §I Le beau, la mode, et le bonheur)

   Le troisième « beau comme... » de Balzac est l'illustration la plus directe de l'énoncé de Baudelaire : « beau comme le jour de ce jour-là ». Il faut avoir au moins lu sa nouvelle Le Chef d'œuvre inconnu (1832) pour entrevoir à quel point le jour est une poésie pour Balzac. Qui se contenterait d'en lire la fin comme une bouffonnerie passerait à côté. Le moment de la mort de maître Frenhofer y participe pleinement. Le jour est au moins à la fois la lumière et l'événement. Ce jour-là correspond au cadre fixe de vingt-quatre heures, à cette case du calendrier qui se répète invariablement, et le jour de ce jour-là correspond au phénomène observé, à ce que cette journée a fait apparaître à travers la météorologie, le comportement des gens, ses évènements, son actualité. L'habilité de la tournure consiste à jouer sur plusieurs sens d'un même mot. L'unité de l'impression procurée au lecteur n'en est que meilleure.

Poussin, Hiver, le Déluge (partie du cycle des quatre saisons) 1660-64.

   La composition double est également valable avec un élément intelligible (que l'on peut attacher à l'aspect invariable, essentiel ou idéal) en association avec un élément sensible. Le beau tableau en est un très bon exemple. Le sixième « beau comme... » de Balzac, si on l'analyse de manière séquentielle, nous suggère d'abord l'idée du Déluge dans son contexte biblique, puis nous ramène à la simple peinture de Poussin, c'est-à-dire à une image sensible associée à l'idée. Le premier exemple, « beau comme le fut Helvétius », correspond aussi à ces deux aspects de la beauté sensible du jeune homme et du talent gâché d'un philosophe dans l'histoire des idées. (Claude Adrien Helvétius est un penseur matérialiste français du XVIIIème siècle qui fit scandale lors de la publication de son livre De l'esprit en 1758.)

   Le premier exemple tiré de Séraphîta illustre bien la notion de dualité contradictoire à travers le personnage d'Hamlet dans une ou deux scènes de Shakespeare. Hamlet rejette l'apparition surnaturelle que sa raison ne comprend pas, mais entend la communication de son père et l'idée du crime. L'autre exemple, apparemment plus banal, « beau comme un ange » doit se comprendre dans le contexte de Séraphîta, histoire inspirée par Swedenborg, où l'ange n'est pas une vision prosaïque, mais renvoie à la notion d'un être issu de la fusion d'un homme et d'une femme, et présent à la fois sur terre et hors du temps, dans la sphère céleste. C'est un autre exemple de dualité dans l'unité. Ducasse a clairement fait référence à cette notion de dualité dans l'introduction au « beau comme... » de la strophe VI-6 : « ...je jette un long regard de satisfaction sur la dualité qui me compose... et je me trouve beau ! Beau comme le vice de conformation congénital des organes sexuels de l’homme, etc. »

   On remarquera que beaucoup d'exemples chez Balzac s'appliquent à la beauté ambiguë du jeune homme, qui est un des thèmes des Chants de Maldoror. De ce fait, la présentation de Mervyn à la strophe VI-3 est pour ainsi dire balzacienne : « ...qu'il est jeune ! [...] Il est beau comme la rétractilité des serres des oiseaux rapaces ; etc. » Sur ce point, on pourrait aussi établir un lien entre Séraphîta et la strophe II-7 sur l’hermaphrodite (mot sans doute préféré à celui d'ange par un auteur préférant le réalisme à l'illumination). Le gazon fait en effet penser au soeler du Falberg, et le narrateur spectateur qui ne peut retenir ses larmes se comporte tout à fait comme Minna et Wilfrid devant Séraphîtus-Séraphîta.

   Les exemples montrent bien également une certaine subjectivité dans les aspects culturels des « beau comme... » de Balzac. Le deuxième cas, « un coup d'état féminin beau comme... » fait sans doute référence à une affaire célèbre du temps de Balzac, mais qui nous échappe aujourd'hui, et nous handicape dans l'analyse. On pourrait comprendre qu'il évoque une loi générale du caractère féminin, ou de la nature humaine, qui s'est manifestée à cette occasion. C'est dans cet esprit en tout cas, en privilégiant pour l'élément invariable des lois naturelles exprimées de manière scientifique, que Ducasse a construit beaucoup de ses formules. Et elles en sont, à notre avis, plus objectives.

Autres précédents aux « beau comme... » d'Isidore Ducasse

   Il y a d'autres écrivains contemporains, ou presque, de Balzac, dans les œuvres desquels on peut aussi relever des formules « beau comme... ». Nous avons indiqué précédemment un exemple chez Byron. Il en existe d'autres. Pour les anglais, la différence de genre est levée mais on s'aperçoit qu'il y avait en fait différents termes pour belle (beauteous, beautiful, fair). Dans les cas remarquables, on peut citer l'exemple au début de La Reine Mab (1813) de Percy Bysshe Shelley. Bien que très bref, il présente un contenu paradoxal mélangeant les deux notions d'immobilité et de vie. Une traduction française (partielle) de François-Victor Hugo a été publiée dans un appendice aux traductions de Shakespeare. Il y a aussi un second exemple remarquable dans le poème La Dame du lac (1810) de Walter Scott. C'est en fait un « belle comme... », mais à rallonge, répété deux fois, et avec un renvoi du sujet à la fin (il s'agit de la phrase unique de la première strophe du chant). Byron, Shelley, et Scott étaient des auteurs encore très importants au XIXème siècle, et Lautréamont les a bien sûr lus et étudiés.

 

« Neuf pages, beaux comme le jour, et décemment vêtus de longues robes de lin d'égypte, se tenaient à chaque porte. »
(William Beckford, Vathek, conte arabe, 1786.)

« LUCIFER. Tu l'aimes, parce qu'elle est belle comme était la pomme aux yeux de ta mère ; quand elle cessera de l'être, ton amour cessera, comme tout autre appétit. [Thou lovest it, because 'tis beautiful, As was the apple in thy mother's eye ;] »
(George Byron, Caïn, Acte II, Scène II, trad. B. Laroche.)

« Le plus jeune, que mon père aimait parce qu'il avait les traits de notre mère, — avec ses yeux bleus comme l'azur du ciel, c'est pour lui surtout que j'étais douloureusement ému ; et comment ne pas l'être en voyant pareil oiseau dans un tel nid ? car il était beau comme le jour, — (quand le jour était beau pour moi comme pour les aiglons, alors que j'étais libre), — beau comme un jour polaire, cet enfant du soleil au vêtement de neige, dont la durée embrasse la longue clarté d'un été sans sommeil ; il en avait la pureté et l'éclat. [For he was beautiful as day — (When day was beautiful to me As to young eagles, being free) — A polar day...] »
(George Byron, Le Prisonnier de Chillon, §IV, trad. Benjamin Laroche.)

« Cette forme incomparable, que l'amour et l'admiration ne peuvent contempler sans battements de cœur, ces veines azurées qui serpentent comme des ruisseaux le long d'un champ de neige, ce contour adorable, beau comme un marbre animé [fair As breathing marble], tout cela doit-il donc périr ? » (Percy Bysshe Shelley, La Reine Mab, §I, trad. François-Victor Hugo, 1865.)

« Agathe était belle, belle comme une étoile entourée de comètes brûlantes. » [Il faut ajouter, pour en saisir pleinement l'image poétique, qu'il s'agit d'une fille au cœur bon au milieu d'une famille de corsaires et de bandits sans foi ni loi]
(Gotthard Ludwig Kosegarten, Les Ralunkes, trad. Ferdinand Flocon, 1827.)

« Creuse, ma bêche, creuse ; tout ce que je possède, je te le dois ; pauvres et riches sont ma proie, ils ne sauraient m'échapper.
Jadis, noble et grand personnage, ce crâne ne rendait aucun salut. Ce squelette sans joue et sans lèvres avait de l'or et des dignités.
Cette tête encore parsemée de cheveux était, il y a peu d'année, belle comme les anges. Mille jeunes cavaliers lui baisaient la main, la dévoraient des yeux.
Creuse, ma bêche, creuse ; tout ce que je possède, je te le dois ; pauvres et riches sont ma proie, ils ne sauraient m'échapper. »
(Holty, Chant du fossoyeur extrait de l'Anthologie allemande de J.T. Herrmann.)

« Belle comme le premier rayon de l'aube matinale lorsque [Fair as the earliest beam of eastern light,], aperçu soudain par le voyageur égaré, il brille sur le front obscur de la nuit, argente les flots écumeux du torrent, et éclaire le sentier effrayant de la montagne ; belle comme ce rayon le plus beau de tous, l'étoile étincelante de la franchise martiale et de la courtoisie chevaleresque prête de la grace aux horreurs des batailles, ennoblit le péril, et resplendit au milieu des noirs orages qui accompagnent le génie de la guerre. »
(Walter Scott, La Dame du lac, Chant V, Strophe Ière, trad. M. Defauconpret, 1830.)

« Gagné par les tendres soins de Rokeby, le malheureux orphelin sourit bientôt à ses nouveaux protecteurs ; rien n'était doux comme son regard ; rien n'était beau comme son front, dont les boucles d'une chevelure d'or voilaient à demi la candeur. »
(Scott, Rokeby, Chant IV, §XI, trad. M. Defauconpret.)

« Lorsqu'un chagrin plus calme eut succédé à mes premières douleurs, je demandai mon enfant au berceau... mais je n'ai pas encore dit qu'Edith m'avait donné un fils beau comme une matinée de printemps... Hélas oui ! j'étais père ! »
(Scott, Rokeby, Chant IV, §XXII, trad. M. Defauconpret.)

 

   En France, le cas le plus intéressant est celui de Chateaubriand. L'exemple le plus ancien, qui n'est pas le moins surprenant d'ailleurs dans son expression, se trouve dans la nouvelle intitulée Atala. La phrase est dite par Atala à Chactas, l'indien qu'elle a libéré et avec lequel elle s'est enfuie. Il devait être son futur époux.

 

« Tu es beau comme le désert avec toutes ses fleurs et toutes ses brises. » (Chateaubriand, Atala, 1801, Le récit, Les chasseurs.) [Nota: en écho dans l'épilogue: « Quand un Siminole me raconta cette histoire, je la trouvai fort instructive et parfaitement belle, parce qu'il y mit la fleur du désert, la grâce de la cabane et une simplicité à conter la douleur que je ne me flatte pas d'avoir conservées. »]

« Si nous n'avons pas invité l'étranger à suivre nos pas, c'est qu'il était jeune et beau comme un immortel, et nous avons craint les soupçons qui s'élèvent trop souvent dans le cœur des enfants de la terre. » (Chateaubriand, Les martyrs, 1809, Livre premier.)

« Pour ceux qui se sont liés avec vous par une bienveillante renommée, et qui ne vous ont jamais vu, vous êtes toujours le même ; vous avez toujours l'âge qu'ils vous ont donné ; leur attachement, qui n'est point dérangé par votre présence, vous voit toujours jeune et beau comme les sentiments qu'ils aiment dans vos écrits. » (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, Deuxième partie, Livre 17, Chap. III.)

« Alcibiade, vêtu de pourpre et beau comme l'Amour, se fait remarquer sur les trirèmes, fier des sept chars qu'il a lancés dans la carrière d'Olympie. » (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, 1848-50, Deuxième partie, Livre 19, Chap. Ier.)

« Lorsque nous vîmes à Paris l'hetman Platoff, nous ignorions ses afflictions paternelles : en 1812 il avait un fils beau comme l'Orient ; ce fils montait un superbe cheval blanc de l'Ukraine ; le guerrier de dix-sept ans combattait avec l'intrépidité de l'âge qui fleurit et espère : un hulan polonais le tua. » (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, Deuxième partie, Livre 21, Chap. Ier.)

 

   A priori, on croit retrouver dans la phrase d'Atala une composition double avec le désert immuable et les fleurs et les brises de circonstance. Par son sujet, on ne peut alors s'empêcher de faire un rapprochement avec le « beau comme... » de la strophe III-1 de Ducasse : « Je ne vois pas des larmes sur ton visage, beau comme la fleur du cactus ». Le cactus, et d'ailleurs, dans deux autres cas, les oiseaux rapaces, semblent être des éléments parfaitement associés à l'image du désert. Seulement ce raisonnement n'a pas pu être celui de Chateaubriand. Le mot déserts pour lui signifiait seulement lieux sauvages inhabités par l'homme, et où le voyageur se retrouve dans la complète solitude. Mais il y associe des forêts, des marécages, des animaux sauvages. Ce n'est pas du tout l'image du désert désolé et sans eau, de Californie ou du Mexique, telle qu'elle nous vient aujourd'hui spontanément à l'esprit. Le cas de Chateaubriand est délicat à interpréter. Il est probablement dans la notion du beau « agréable aux sens ». Et la singulière fleur du cactus de Ducasse est finalement à l'opposé des multitudes évoquées par Chateaubriand.

   Les exemples de « beau comme... » les plus éloquents de Balzac n'apparaissent a priori que vers 1834. Auparavant ses formules étaient plus communes. Et c'est un peu la même chose pour George Sand qui a fréquenté quelque temps Balzac. Nous en avons noté trois exemples (mais notre recherche est cette fois loin d'être exhaustive). Les deux derniers sont assez banals mais le premier, un peu plus abstrait, laisse penser à une certaine réflexion dans l'écriture. On retrouve les thèmes de la jeunesse et du temps comme chez Balzac. La célébration de la beauté du jeune homme se retrouve aussi, et de manière plus inattendue peut-être, chez Théophile Gautier et chez Eugène Sue. Ce type de « beau comme... » sans originalité est sans doute très répandu. Il doit constituer une part importance de l'ensemble des occurences. Et l'emploi d'archange plutôt qu'ange semble déjà témoigner d'un souci de sortir du poncif. Sue est encore un auteur à lire, il est possible qu'il y en ait d'autres intéressants comme ce bref mais curieux « beau comme Satan. »

 

« Je te bénis, jeune poète, dors en paix. Demain viendra, beau comme les autres jours de ta jeunesse, paré du plus grand bienfait de la Providence, le voile qui cache l'avenir ! » (George Sand, Lélia, 1833, Première partie, § V.)

« Il faisait une nuit bien noire et pourtant je vous voyais, Sténio ; je vous voyais beau comme vous êtes et je m'imaginais que vous étiez le sylphe de ces bois, l'âme de cette brise, l'ange de cette heure mystérieuse et tendre. » (Sand, Lélia, Première partie, § XIX.)

« Un enfant de six à sept ans, beau comme un ange, et les épaules couvertes, sur sa blouse, d'une peau d'agneau qui le faisait ressembler au petit saint Jean-Baptiste des peintres de la Renaissance, marchait dans le sillon parallèle à la charrue et piquait le flanc des bœufs avec une gaule longue et légère, armée d'un aiguillon peu acéré. » (George Sand, La Mare au diable, 1846, Chap. II.)

« — C'était avant sa dépravation, reprit Lélia. Granville, comme vous savez tous, était belle comme un ange, et entretenue par Mouron. » (Eugène Sue, La Vigie de Koat-Vën, 1833, Livre Ier, Chap. VI.)

« ...vous aviez enfin le droit de maudire avec fatuité votre funeste réputation qui vous faisait craindre et adorer comme un roué plus séduisant et plus corrompu que don Juan ou Lovelace, fatal et beau comme Satan, ce qui vous rendait, n'est-ce pas, monsieur, le plus heureux des hommes désespérés ? » (Eugène Sue, La Vigie de Koat-Vën, Livre VII, Chap. II.)

« Opposition bizarre ! non loin de ce jeune homme beau comme un archange, on voyait un être qui ressemblait au démon du mal. » (Eugène Sue, Le Juif errant, 1844-45, Quatrième partie, Chap. II.)

« Je l'ai vu plus d'une fois travailler dans votre magasin, madame... et parler à votre fille, que j'ai trouvée belle... oh ! belle comme le jour !... Un pressentiment m'a dit que Georges devait l'aimer...  » (Sue, Les Mystères du peuple, La Famille Lebrenn, Chap. X.)

« Les jeunes princes, beaux comme des femmes, prirent place à la droite et à la gauche de leur père. »
(Théophile Gautier, Le Roman de la momie, 1857, Chap. IV.)

 

   Les derniers exemples que l'on peut citer concernent des œuvres en vers, d'une part un texte de Théophile Gautier, écrit pour l'anniversaire de Corneille, et des poèmes de Théodore de Banville, et des parnassiens Charles Leconte de Lisle et Léon Dierx (mis à part celui des Poèmes barbares tous ces exemples sont assez communs) ; d'autre part deux poèmes traitant de la mélancolie : le poème Novissima Verba d'Alphonse de Lamartine et le pantoum Harmonie du soir de Charles Baudelaire. Il y a par ailleurs un autre cas (tautologique ?) chez Baudelaire.

 

Et notre amour était beau comme l'espérance,
Long comme l'avenir, pur comme l'innocence.
(Lamartine, Harmonies poétiques..., Novissima Verba, 1830.)

Athène est triste, et cache au front du Parthénon
Les traces de l'Anglais et celles du canon,
Et, pleurant ses tours mutilées,
Rêve à l'artiste grec qui versa de sa main
Quelque chose de beau comme un sourire humain
Sur le profil des propylées
!
(Hugo, Les Voix intérieures (1837), À l'arc de triomphe, § VI.)

Aux chants des Kinnaras, de désirs consumés,
Les Brahmanes foulaient les gazons parfumés ;
Et sur les bleus étangs et sous le vert feuillage
Cherchant de Bhagavat la glorieuse image,
Ils virent, plein de grâce et plein de majesté,
Un Être pur et beau comme un soleil d'été.
(Ch. Leconte de Lisle, Poèmes antiques (1852), Bhagavat.)

CYNTHIA . —
La nuit sereine monte, et roule sans secousse
Le chœur éblouissant des astres au ciel bleu ;
Moi, de mon bien-aimé, jeune et beau comme un Dieu,
J'ai l'image en mon âme et j'entends la voix douce.
(Ch. Leconte de Lisle, Poèmes antiques (1852), Églogue.)

Cet Esprit était beau comme un grand mont chenu ;
Une foudre grondait autour de son front nu ;
Il était impassible et dur, et sur sa bouche
Siégeaient l'amer mépris et le vouloir farouche
(Ch. Leconte de Lisle, Poèmes barbares (1862),
                     Les Paraboles de dom Guy, 1849.)

Sur la poussière d'or de sa terre bénie
Homère, sans chaussure, aux chemins d'Ionie
Pouvait marcher jadis avec l'antiquité,
Beau comme un marbre grec par Phidias sculpté ;
Mais Homère à Paris, sans crainte du scandale,
Un jour de pluie, eût fait recoudre sa sandale.
(Th. Gautier, Théâtre de poche, Pierre Corneille, 1855.)

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
(Ch. Baudelaire, Les Fleurs du mal (1857),
                           Harmonie du soir, 1856.)

Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.
(Baudelaire, Les Épaves (1866), À celle qui est trop gaie, 1852.)

Ce calme Célio, ce fils de la Chimère
Qui passa comme un rêve, et qu'on pleure aujourd'hui,
Ce jeune homme pensif, beau comme un dieu d'Homère,
Je l'ai connu ; je veux parler encor de lui.
[...]
Les chanteurs vagabonds et les musiciens
Songent sans désespoir au marbre funéraire
De ce martyr d'amour beau comme Alaciel,
Et disent : Parfumez l'âme de notre frère !
(Th. de Banville, Les Exilés (1867), L'âme de Célio, 1860.)

Songe horrible ! — la foule innombrable des âmes
M'entourait. Immobile et muet, devant nous,
Beau comme un dieu, mais triste et pliant les genoux,
L'ancêtre restait loin des hommes et des femmes.
(Léon Dierx, Les Lèvres closes (1867), La prière d'Adam.)

 

   Dans ces derniers cas, compte tenu de la réduction de la proposition à un ou deux mots, l'unité de l'effet est d'emblée ressentie. Et on ne peut pas trop parler d'un aspect double de la composition. Cela ne peut se présenter qu'avec des mots particuliers, comme ange, susceptibles de décliner des acceptations multiples et suffisamment contradictoires pour troubler un peu les choses. On n'est plus dans le fil des trouvailles de Balzac. Les formules expriment plutôt une seule notion d'absolu. Lamartine met en balance des idées abstraites. Il pourrait avoir aussi pensé à la vertu théologale. Cependant l'exemple de Baudelaire fonctionne un peu sur une image sensible.

   Chateaubriand, Grande-Tête-Molle, et Balzac, écrivassier funeste, sont très peu cités de façon nominative dans les œuvres de Ducasse (respectivement 2 et 3 fois contre 15 fois pour Hugo). Et Ducasse ne livre pas de références explicites pour le procédé des « beau comme... ». Néanmoins il est très peu vraisemblable qu'il ait pu ignorer les précédents. En l'état de nos connaissances, la paternité du « beau comme... » semble revenir à Chateaubriand. Nous ne possédons pour l'instant que cinq exemples, mais Atala fut de toute manière un grand succès, devenu un classique. A défaut de l'avoir inventé le premier, Balzac a quant à lui montré une habilité certaine à écrire des « beau comme... ». Il y a associé une autre notion du beau. Et il aura apparemment semé plus d'exemples dans ses livres. Enfin, s'il n'a donc pas non plus inventé le « beau comme... », Ducasse est probablement le seul des générations suivantes à s'y être arrêté et à en avoir saisi des principes. Cela dénote une pratique de lecture attentive et intellectualisée. De plus, il a apporté à l'évidence une originalité supplémentaire au « beau comme... » par ses collages, et il en aura de toute façon assuré la célébrité.

Compte tenu de l'aspect mi-admiratif mi-critique des Chants de Maldoror à l'égard de la littérature romantique, compte tenu aussi des thèmes abordés dans ses propres « beau comme... », il est plus que probable que Ducasse ait lu et retenu (à charge peut-être) ce procédé chez ces deux auteurs. Et il serait peut-être fructueux de lire ses « beaux comme... » en relation avec les œuvres de ses prédécesseurs. (Décembre 2002. Rév. novembre 2008)
 

ANNEXE. Liste des formules « belle comme... » chez Balzac :

« Là se trouvait aussi l'appartement de sa fille, le fruit de sa vieillesse, une Juive, belle comme sont toutes les Juives quand le type asiatique reparaît pur et noble en elles. » (Balzac, Le cousin Pons, 1847.)

« Leur maison était élevée sur des caves, en bois bien entendu, sous lesquelles ils avaient fourré leurs enfants, et notamment une fille belle comme une juive quand elle se tient propre et qu'elle n'est pas blonde. » (Balzac, Un médecin de campagne, 1833.)

« Il arriva sans obstacles, monta dans cette chambre sacrée ; il y vit sa Clémence sur le lit de mort, belle comme une sainte, les cheveux en bandeau, les mains jointes, ensevelie déjà dans son linceul. » (Balzac, Ferragus, chef des Dévorants, 1834.)

« — Venez donc, monsieur Félix, me dit-elle, venez voir madame, elle est belle comme un ange. » (Balzac, Le lys dans la vallée, 1835.)

« Il se trouvait dedans une demoiselle belle comme une Vierge Marie, et un jeune homme qui lui ressemblait. »
(Balzac, Un médecin de campagne, 1833.)

« Supposez autour de la table le marquis di Nègro, ce frère hospitalier de tous les talents qui voyagent, et le marquis Damaso Pareto, deux Français déguisés en Génois, un Consul-Général entouré d'une femme belle comme une madone et de deux enfants silencieux, parce que le sommeil les a saisis, l'ambassadeur de France et sa femme, un premier secrétaire d'ambassade qui se croit éteint et malicieux, enfin deux Parisiens qui viennent prendre congé de la consulesse dans un dîner splendide, vous aurez le tableau que présentait la terrasse de la villa vers la mi-mai, tableau dominé par un personnage, par une femme célèbre sur laquelle les regards se concentrent par moments, et l'héroïne de cette fête improvisée. » (Balzac, Honorine, 1843.)

« Mademoiselle Armande, sèche et maigre, pâle, mais belle comme une de ces figures effilées et sévères que les peintres allemands ont seuls su faire, eut aussi les yeux mouillés. » (Balzac, Le cabinet des antiques, 1837.)

« Cette femme était belle comme un jour de noces, mignonne comme une jeune chatte. » (Balzac, Un médecin de campagne, 1833.)

« Cette fille était belle comme un lis penché sur sa tige. » (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847.)

« — Voilà mamman Vauquerre belle comme un astrrre, ficelée comme une carotte. » (Balzac, Le père Goriot, 1834.)

« Cette scène l'avait rendue belle comme une jeune femme, et de toute sa personne, son mari ne voyait que sa tête, au-dessus d'un nuage de mousselines et de dentelles. » (Balzac, La recherche de l'absolu, 1834.)

« Lisbeth Fischer, de cinq ans moins âgée que Mme Hulot, et néanmoins fille de l'aîné des Fischer, était loin d'être belle comme sa cousine ; aussi avait-elle été prodigieusement jalouse d'Adeline. » (Balzac, La cousine Bette, 1847.)

« Aucun désir n'avait troublé la vie pure de cette enfant si pure. Svelte, belle comme sa mère, douée d'une voix délicieuse, d'un minois fin, encadré par de beaux cheveux blonds, elle ressemblait à ces anges plus mystiques que réels, posés par quelques peintres primitifs au fond de leurs Saintes Familles. » (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847.)

« — Si vous me sauvez, dit-elle, serai-je belle comme auparavant ?... » (Balzac, La cousine Bette, 1847.)

« Personne ne comprenait comment elle avait pu rester sept ans oubliée, belle comme elle était ; mais, à la vérité, Florine fut enrôlée comme comparse à treize ans, et débutait deux ans après sur un obscur théâtre des boulevards. » (Balzac, Une fille d'Eve, 1838.)

« Sois toujours calme et belle comme tu es calme et belle en ce moment. » (Balzac, Le contrat de mariage, 1835.)

« En quelque situation de fortune que vous soyez, belle comme vous êtes, vous me paraissez plus riche que ne le serait la fille d'un prince. » (Balzac, Albert Savarus, 1842.)

« Mais, belle comme vous êtes, vous avez aimé ; donc vous oubliez. — Moi, répondit-elle en éludant ma question, je ne suis pas une femme, je suis une religieuse arrivée à soixante-douze ans. » (Balzac, Honorine, 1843.)

« — J'attendrais patiemment une éternité, si je savais trouver la Divinité belle comme vous l'êtes ; mais ce n'est pas un compliment que de vous parler de votre beauté, vous ne pouvez plus être sensible qu'à l'adoration. » (Balzac, La duchesse de Langeais, 1834.)

« Il grimpa lestement, et trouva pour la première fois sa maîtresse belle comme le sont ces filles dont l'unique occupation est le soin de leur toilette et de leur beauté. » (Balzac, Splendeurs et misères des courtisanes, 1847.)

« Elle était belle comme sont belles les femmes assez belles pour être belles en dormant. » (Balzac, La cousine Bette, 1847.)

ANNEXE. Corpus des œuvres examinées :

Adieux, Albert Savarus, L'auberge rouge, Le bal de Sceaux, Béatrix, La bourse, Le cabinet des antiques, Le chef d'œuvre inconnu, Les chouans, Le colonel Chabert, Le contrat de mariage, Le cousin Pons, La cousine Bette, Le curé de Tours, Une double famille, La duchesse de Langeais, L'élixir de longue vie, Eugénie Grandet, Histoire de la grandeur et décadence de César Birotteau, Honorine, Facino Cane, La fausse maîtresse, La femme de trente ans, Ferragus, Une fille d'Eve, La fille aux yeux d'or, Gambara, Gobseck, L'illustre Gaudissart, Pierre Grassou, Jésus-Christ en Flandres, Louis Lambert, Le lys dans la vallée, Madame Firmiani, La maison du chat-qui-pelote, La maison Nucingen, Maître Cornélius, Massimilla Doni, Le médecin de campagne, Melmoth réconcilié, La messe de l'athée, Modeste Mignon, La paix du ménage, Une passion dans le désert, La peau de chagrin, Le père Goriot, La physiologie du mariage, Les secrets de la princesse de Cadignan, Les proscrits, La recherche de l'absolu, Séraphîta, Splendeurs et misères des courtisanes, Ursule Mirouët, La Vendetta, El Verdugo.